Actionnariat

L’actionnariat salarié tient bon malgré la crise

Enquête Alixio sur l’impact de la crise sur l’actionnariat salarié

L’actionnariat salarié sera-t-elle la prochaine variable d’ajustement liée à la crise ? Alors que le gouvernement souhaite relancer cette formule de participation des salariés aux résultats, les entreprises restent confiantes sur l’avenir des plans d’actionnariat salarié et n’envisagent pas de sacrifier leur politique à la crise.

Interrogés courant juin 2020 au lendemain du déconfinement, 23 grands groupes du CAC 40 et du SBF 120, représentant plus de 2 millions de d’actionnaires-salariés dans le monde répartis dans la plupart des secteurs d’activité, ont répondu à l’enquête d’Alixio. Déjà leaders en Europe en matière d’actionnariat salarié, les groupes Français entendent poursuivre leur avantage et continuer à faire des plans d’actionnariat salarié le moyen privilégié pour associer les salariés en France et dans le monde entier à la vie de leur entreprise, en leur proposant d’en devenir actionnaires à des conditions privilégiées.

A ce jour, les entreprises affichent un large optimisme sur l’avenir de l’actionnariat salarié malgré la crise : si 74% des répondants considèrent que la crise aura un impact inévitable, seulement 18% d’entre eux pensent que cet impact sera durable. Les entreprises s’attendent à des conséquences à court terme en 2020 et 2021, sans remise en question en profondeur des politiques en place, à savoir des plans très internationaux (2/3 des émetteurs proposent des plans dans plus de 15 pays), très souscrits (plus de 50% de taux de souscription supérieurs à 30%) et alimentés aux deux tiers en France par le versement de la participation et/ou de l’intéressement.

Une majorité d’entreprises a pris la décision de poursuivre les plans d’actionnariat salarié en cours et, fait marquant, aucune annulation de plans n’a été décidée. Cependant, en ce qui concerne 2021, l’incertitude reste forte sur le lancement de nouveaux plans et les décisions seront vraisemblablement prises au second semestre.

Cette constance dans l’action est attestée par le fait que trois entreprises sur quatre placent l’actionnariat au cœur de leurs valeurs et de leur raison d’être. L’actionnariat salarié n’est plus, comme en 2009, tributaire de la conjoncture économique et perçu comme une variable d’ajustement en période de crise. Il est également une opportunité pour les salariés français de placer leurs primes de participation et d’intéressement en actions de leur entreprise. Il est vécu comme le bon moyen de remobiliser les équipes et de recréer de la confiance en l’avenir du groupe dans un contexte difficile.

Autre enseignement important de l’enquête : la conjoncture boursière pousse au développement de l’actionnariat salarié. 86% des entreprises pensent qu’il vaut mieux proposer aux salariés de devenir actionnaires quand les marchés financiers sont au plus bas et que le cours de l’action est faible.

Pour autant, les entreprises sont partagées quant à savoir si l’actionnariat salarié est bien un élément de leur politique de rémunération : face à des pouvoirs publics qui pourraient être tentés d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés autrement que par des hausses de salaires, et donc via l’actionnariat salarié, les entreprises sont plus prudentes. Certes, elles verraient d’un bon œil une relance de l’actionnariat salarié comme la souhaite le gouvernement, mais elles en attendent avant tout une simplification fiscale et une réduction de la fiscalité, notamment sur le forfait social.

Finalement, il apparaît que l’actionnariat salarié dans les grands groupes français a gagné en maturité et en solidité. Les offres proposées aux salariés donnent satisfaction et seulement 10% pourraient être modifiées. Et si des économies s’avéraient nécessaires, elles ne porteraient pas sur le cœur du réacteur mais sur des améliorations opérationnelles liées à la digitalisation des plans, la ré-internationalisation de certaines tâches, voire en dernier ressort à une moindre fréquence des plans.