Santé et travail, et si on en parlait de façon plus positive ?

Malgré un discours ambiant très négatif sur le sujet, traiter la question de la santé au travail peut se révéler bénéfique pour tous. Depuis une trentaine d'années s'est instaurée en France une réflexion sur le travail réduite à sa seule dimension emploi avec des particularités françaises, comme celles de la pénibilité ou de la souffrance au travail. S'est ainsi progressivement développée une conception du travail assimilée à un lieu de torture physique ou moral à l'image de l'origine étymologique du mot. Il ne s'agit pas, bien entendu, de nier qu'il puisse y avoir des situations de management pathogène, ou des secteurs où les conditions de travail restent encore particulièrement difficiles, mais il convient également de rappeler quelques vérités de simple bon sens. En effet, le travail reste, pour la majorité, un facteur d'intégration sociale et de reconnaissance, mais également un lieu d'apprentissage et de formation. Son absence est source de troubles sociaux de tous ordres.

La prévention dans le domaine de la santé sécurité et des conditions de travail ouvre également un formidable champ d'innovations techniques qui contribuent au recul de la sinistralité ainsi qu’à l’amélioration des conditions de travail. La vigilance dans ce domaine doit rester une préoccupation permanente de l'ensemble de la ligne managériale. Conjointement à cette préoccupation permanente, doit être réalisé un investissement significatif en la matière, la santé-sécurité constituant indéniablement un facteur de performance économique et sociale.

Dans la pratique du dialogue social, la santé au travail a trop souvent été considérée comme un thème mineur, notamment parce que longtemps cantonnée dans une instance spécialisée de second rang. Or, la santé au travail constitue bel et bien un thème fédérateur et propice à l'émergence de consensus.
Dès lors, la création de l’instance unique qu’est le Comité Social et Economique permet d’avoir une nouvelle approche stratégique de la santé au travail incitant les différents acteurs à être non seulement attentifs mais également créatifs et ce, dès en amont des différents projets rythmant la vie de l’entreprise afin d’anticiper favorablement les questions de santé, de sécurité et de conditions de travail.
De multiples raisons doivent inciter les entreprises à s’occuper activement de santé sécurité et de qualité de vie au travail. Outre l’obligation légale de l’entreprise de protéger la santé physique et mentale de ses salariés, l’entreprise doit être particulièrement attentive dans certaines situations lorsque le stress ronge toutes ses strates.

Le mal-être des salariés engendre des coûts élevés pour l’entreprise. Si l’absentéisme en est l’indicateur le plus visible, il n’est pas le seul, le « présentéisme » avec des salariés en perte d’efficacité, nuit également fortement à la performance de l’entreprise.

Une politique de bien-être, portée au plus haut niveau de l’entreprise, limite le turn-over et facilite le recrutement. Garder ses salariés les plus expérimentés et performants, tout en recrutant de nouveaux talents, tels sont les objectifs raisonnables de la gestion des RH dans une entreprise en bonne santé.
D’autant plus qu’avec l’allongement de l’espérance de vie, nous aurons à travailler à des âges plus avancés. Cela nécessite une politique de prévention précoce pour éviter les problèmes d’usure prématurée qui nous enferment dans des questions de réparation, de compensation a posteriori et d’éviction du marché du travail.
N’oublions jamais que les coûts d’une politique de bien-être sont bien inférieurs aux bénéfices qui en résultent : amélioration de la productivité, promotion de la marque employeur, mise en conformité avec la loi, et plus largement réduction des risques….

Pour en savoir plus :
Bruno Dupuis, Senior Advisor Partner
bruno.dupuis@alixio.fr  - Tél : +33 6 78 00 94 38